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DIPLOME INTERMEDIAIRE DE FINANCE ISLAMIQUE (14 au 16 JUILLET 2017)ET CERTIFICAT DE BASE EN FINANCE ISLAMIQUE (05 au 07 JUILLET 2017)
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FORMATION
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CEREMONIE DE REMISE DE DIPLOME

CONTRIBUTION: 4eme Forum International de la Finance Islamique en Afrique de l’Ouest les 2 et 3 JUIN 2016: Le Sénégal peut il conserver sa place de leader dans le domaine?

L’Institut Africain de Finance Islamique, AIIF – Advisory and Training vient d’annoncer la tenue de la quatrième édition du Forum International sur la Finance Islamique des pays de l’Afrique de l’OUEST à Dakar les 2 et 3 JUIN  2016 sous la présidence de son Excellence M. Maky Sall Président de la République du Sénégal. Au regard du développement fulgurant de ce type de financement innovant ces derniers mois dans notre sous région (Sukuk de la Côte d’ivoire, du Nigeria etc… ) le Sénégal est il en train de perdre sa place de Hub de la Finance Islamique en Afrique de l’Ouest que le Prestigieux Magazine du Business mondial Bloomberg lui avait conféré au lendemain du 3eme Forum en 2013.

1- La Finance Islamique Présente dans 21 pays Africains

Une récente publication du prestigieux journal Anglais The Economist Intelligence Unit sur la Cartographie de la Finance Islamique en Afrique dont j’ai eu l’honneur de faire partie des experts de la rédaction décèle la présence de cette industrie dans 21 pays Africains allant de pays ou le système financier islamique est bien établi comme le Soudan aux nouveaux entrants comme l’Ouganda. Il faut noter que le Sénégal est classé parmi les pays les plus avancés dans le domaine dans la même catégorie que l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya. Le Soudan, qui a établi ce système depuis les années 70 fait figure de leader alors que l’Ethiopie, l’Ouganda, la Zambie et le Mozambique sont en phase exploratoire avec une volonté politique affichée.

L’Islam est une religion présente en Afrique depuis le 11eme siècle et l’Afrique Sub-Saharienne compte maintenant plus de 250 millions de musulmans. La plupart d’entre eux vivent en Afrique de l’Ouest et selon les prévisions en 2030 cette région comptera plus de 257 millions de musulmans soit 67% de sa population.

L’Afrique reste le marché de l’économie et la finance islamique qui regorge le plus de potentialités dans le monde (banques et assurances islamiques, sukuks et marché des capitaux, etc…). Ceci est le résultat à la fois d’une tendance positive que constitue une augmentation rapide de la population et des dépenses de consommation et un taux de croissance du PIB robuste, et en même temps d’un déficit énorme en infrastructures adaptées au taux de croissance de la population et de l’économie, d’où les besoins du gouvernements africains de lever des fonds. Notre sous région constitue une destination naturelle des financements islamiques au regard de la stabilité politique de pays comme le Sénégal.

Le Sénégal doit sa place dans ce classement à l’émission d’un Sukuk en 2014, la présence d’une Banque Islamique in-the-making, et l’organisation réussie par l ‘AIIF de 3 grand forums internationaux sur la Finance Islamique et de la formation de plus de 1,000 experts au niveau du Certificat de base dans la sous région, et enfin d’avancées pour l’instant timides dans la mise en place d’un cadre réglementaire adéquat pour la finance islamique. Il faut noter aussi une volonté politique manifeste du pouvoir politique pour booster ce secteur malgré la rareté des experts dans le domaine.

2- L’éléphant Ivoirien se réveille, le Nigeria aussi veut le leadership en Afrique de l’Ouest

Etant pionnier dans le domaine, le statut de Hub de la finance islamique en Afrique de l’Ouest du Sénégal est aujourd’hui âprement disputé par le Nigeria (qui a été beaucoup retardé par Boko Haram) mais aussi par le géant de la Côte d’Ivoire qui vient d’émettre son premier Sukuk et qui affirme à qui veut l’entendre vouloir la place de HUB de la Finance Islamique au moins dans l’UEMOA.

Le gouvernement ivoirien a lancé le 20 novembre 2015 l’émission d’un Sukuk de 150 milliards de F CFA. L’opération, qui porte sur la levée de 150 milliards de F CFA (228,6 millions d’euros), a démarré le 20 novembre et a été bouclée le 21 décembre 2015. Cette levée de fonds a été organisée avec l’appui de la Société islamique de développement du secteur privé (SID) – l’organisme dédié au secteur privé de la Banque islamique de développement (BID). C’est le premier volet d’un programme qui vise la mobilisation de 300 milliards de F CFA en Sukuk sur la période 2015-2020.

La Commission de sécurité et d’échanges du Nigeria (CSE) et l’Office de gestion de la dette (OGM) ont annoncé la semaine dernière leur intention d’émettre  le premier « Sukuk » du Nigeria en 2016. Les émissions s’inscrivent dans le plan du gouvernement fédéral pour augmenter 984 milliards de Naira en emprunts intérieurs et 900 milliards de Naira du marché de la dette extérieure pour financer le déficit du budget de 2016. Le pays désire approfondir le marché obligataire sans intérêt ( le marché financier islamique) du Nigeria alors que le pays fait face à la baisse des prix du pétrole, la baisse des recettes du gouvernement et à une croissance fragile des grands marchés émergents comme la Chine.

La première Banque complètement Islamique du Nigeria JAIZ BANK est opérationnelle depuis 2012.

Avec un cadre réglementaire conforme à la finance islamique parfaitement finalisé, une formation d’experts à la hauteur de la tâche et un marché porteur de par sa taille, le Nigeria reste le pays le mieux armé pour s’affirmer leader en Afrique dès lors les conditions de la stabilité politique du pays sont réglées.

Le Sénégal reste handicapé par un cadre réglementaire à la traine, faute d’un déficit d’experts locaux dans le domaine malgré une volonté affichée de la BCEAO et des autorités et  les efforts de formations de l’AIIF. Les experts internationaux surtout à Londres ne peuvent admettre au Sénégal le statut de HUB en brulant cette étape. Les efforts notables de ICD par l’intermédiaire de la BIS sur l’émission du Sukuk sont certes à saluer mais n’ont aucun impact sur le développement de l’expertise locale et le cadre règlementaire (car structurés par des cabinets à Dubaï et Djeddah) qui ne boostent pas réellement l’industrie locale de la finance islamique et occasionnent des frais de structurations de la dette élevés.

3- Les Sukuks: Le NEC le plus ULTRA pour financer nos infrastructures

Parce qu’ils exigent un actif tangible et productif sous jacent au financement, les Sukuks constituent une forme appropriée de financement de nos infrastructures vu le déficit énorme dont nos pays doivent faire face devant la croissance de la population et de l’économie. Des actifs comme les autoroutes à péage, les aéroports  et les actifs immobiliers sont en adéquation parfaites avec le financement islamique car la propriété est transférable et ces derniers génèrent du cash flow prévisible. Et pour mitiger le risque de change, les Sukuks peuvent être émis en monnaie locale.

L’émission de Sukuk offre une visibilité importante au pays émetteur aux yeux d’investisseurs des pays du Golfe courtisés par les pays occidentaux et qui selon les experts ont un appétit notable pour investir dans notre sous région vu les raisons évoquées dans le premier paragraphe. Cette visibilité ouvre les opportunités à nos pays pour décrocher d’autres financements directs de types Musharakah sous forme de PPP (Partenariat Public Privé) qui peuvent être de type BOT (Build Operate Transfer) ou autres.

A l’instar du Sénégal, de la Côte d’ivoire et du Nigeria, plusieurs pays dont le Niger ont émis le souhait d’émettre des Sukuks à travers ICD, le bras privé de la Banque Islamique de Développement.

4- Avis d’expert au M. Président Macky Sall sur comment financer le PSE par cet instrument de financement innovant et booster l’industrie de la Finance Islamique au Sénégal

Le gouvernement du Sénégal a lancé son plan quinquennal Plan Sénégal Emergeant (PSE) en 2014 pour booster de manière significative la croissance économique du pays d’ici 2018. Au meeting de Paris en 2014, les bailleurs se sont engagés pour plus de 3 000 milliards de Francs de CFA avec un engagement de  la Banque Islamique de Développement pour  550 milliards ou 38% du total.

La BID devient alors le principal partenaire au développement du Sénégal dans le PSE. Ceci est un signal fort pour les pays du Golfe dans la stratégie pour attirer les financements directs islamiques vers nos pays à travers les Sukuks et autres instruments de Musharaka.

Ce qu’il faut faire sur le cadre règlementaire…

L’inadéquation du levier du cadre réglementaire  constitue cependant un frein au développement de la finance islamique en ce sens que contrairement aux autres pays du Monde (de l’Angleterre au Nigeria en passant par le Maroc), la BCEAO ne dispose toujours pas d’une règlementation spécifique pour les banques et institutions financières islamiques. Elle a aménagé le cadre réglementaire du système financier conventionnel de l’UEMOA qui donne l’autorisation aux institutions financières islamiques (IFI) d’exercer mais constitue un frein majeur pour elles en termes d’opérationnalité.

En effet, un cadre spécifique s’impose car l’impossibilité d’avoir recours à un marché interbancaire islamique n’est que la face visible de ce blocage. En plus il faudra :

-        établir une règlementation spécifique pour les IFIs comme cela s’est fait pour la micro-finance dans le passé

-        Modifier pour les IFIs le système de taxation et du code général des impôts pour faciliter l’éclosion de cette industrie financière

-        Mettre en place un système de résolution de litiges pour ces produits et former un personnel adéquat à cela

-        Mettre en place des règles prudentielles spécifiques aux IFIs couvrant leurs risques spécifiques

-        Mettre en place une infrastructure pour la gestion des liquidités des IFIs

-        Favoriser la mise en place d’un système d’information et de transparence islamique (comptabilité islamique spécifique conforme aux normes OHADA)

-        Un système de protection des consommateurs de produits islamiques

-        Enfin une politique de formation d’experts en finance Islamique seule condition de réalisation de tous les points cités plus hauts.

Promouvoir le marché des capitaux et les Investissements Directs Islamique à travers les PPP :

La formation des cadres  du CREMPF et de la BCEAO revient à l’ordre du jour pour permettre la mise en place d’instruments financiers à même de favoriser l’éclosion d’un marché financier islamique aussi bien domestique qu’international pour attirer les investisseurs.

Pour les investissements directs, comme pour le Forum de 2011 dans le cadre duquel l’AIIF avait organisé un atelier «  Sukuk et Financement des Infrastructures » qui avait enregistré la présence de beaucoup d’investisseurs comme Khaled Al Abbodi, le Président de Emirates Investment Group, le Gouverneur Sanussi du Nigeria etc… ), l’AIIF réserve pour le 4eme Forum un atelier spécial  « PSE et financement Islamique ». Avec les partenaires concernés, nous souhaitons mettre face à face les porteurs de projets PSE et les investisseurs islamiques potentiels du monde entier.

Monsieur le Président de la République, nous sommes  pionnier et leader dans cette industrie en Afrique de l’Ouest, Il faut que nous le restions! Rendez-vous le 12 Mai inchallah.

Mouhamadou Lamine Mbacke

MBA 1995 Old Dominion University, USA

Advanced Diploma In Islamic Finance, BIBF Bahrein

Ex Directeur des PME et du Cash Management de Citibank

PDG et Fondateur de l’Institut Africain de Finance Islamique AIIF- Advisory and Training.

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